La grille des salaires du BTP ne se résume pas à un tableau national unique : le minimum dépend du métier, du statut, de la classification et des accords applicables. Les barèmes ci-dessous donnent des repères pour 2026, mais leur date d’entrée en vigueur et leur montant doivent être vérifiés selon la convention collective et la région avant toute décision de paie ou de négociation.
L’article en bref
La grille des salaires BTP 2025-2026 aide à situer un salaire minimum selon la qualification et le statut. Pour vérifier un montant, il faut aussi tenir compte des accords régionaux, du temps de travail et du SMIC applicable.
- Ouvriers : Les niveaux et positions associent classification, coefficient et minimum brut mensuel.
- ETAM : Les catégories A à H reflètent technicité, autonomie et responsabilités croissantes.
- Cadres : Le barème distingue rémunération horaire et forfait annuel en jours.
- Vérification : Convention applicable, région et SMIC déterminent le plancher à respecter.
Un coefficient donne un repère utile, mais seule la vérification de l’accord applicable confirme le minimum à payer.
Grille coefficient salaire BTP 2025-2026 : quels repères pour 2026 ?
Dans le bâtiment, deux salariés portant le même intitulé de poste ne relèvent pas toujours du même minimum. Les missions réellement exercées, l’autonomie, la qualification et l’accord collectif applicable comptent autant que le titre inscrit sur le contrat.
Les montants présentés ici sont des repères bruts mensuels issus des données communiquées pour 2026. Ils sont annoncés comme applicables à partir du 1er mars 2026 sur une base de 35 heures pour les ouvriers et les ETAM ; avant de les utiliser en paie, il faut confirmer leur publication et leur extension ainsi que leur champ géographique et professionnel.
Grille des salaires BTP 2026 pour les ouvriers du bâtiment
Pour les ouvriers du bâtiment, la classification repose sur des niveaux et positions BTP. Le coefficient salarial BTP associé sert à situer le poste dans la grille, mais ne se multiplie pas mécaniquement par une valeur de point unique : les minima découlent des accords applicables à la branche et, souvent, à la région.
Le tableau reprend les montants fournis à titre indicatif. Les taux horaires sont également ceux indiqués dans le barème communiqué ; de légers écarts de calcul peuvent apparaître selon la durée mensuelle retenue et les règles d’arrondi.
| Niveau et position | Coefficient | Minimum brut mensuel indiqué | Taux horaire indiqué |
|---|---|---|---|
| Niveau I – Position 1 | 150 | 1 855,50 € | 12,25 € |
| Niveau I – Position 2 | 170 | 1 890,30 € | 12,48 € |
| Niveau II – Position 1 | 185 | 1 975,80 € | 13,04 € |
| Niveau III – Position 1 | 210 | 2 150,10 € | 14,19 € |
| Niveau III – Position 2 | 230 | 2 320,50 € | 15,31 € |
| Niveau IV – Position 1 | 250 | 2 545,00 € | 16,79 € |
| Niveau IV – Position 2 | 270 | 2 760,70 € | 18,21 € |
La progression va généralement de l’exécution encadrée vers une maîtrise technique et une autonomie plus importantes. Ainsi, un salarié qui organise le travail d’une petite équipe ou résout seul des difficultés de chantier peut devoir être classé autrement qu’un ouvrier chargé de tâches exécutées sous consignes directes.
Un intitulé comme « maçon » ne suffit donc pas à déterminer le niveau : ce sont les fonctions réellement exercées qui doivent guider l’examen de la classification.
Classification des ETAM et minima de salaire dans le BTP
Les ETAM — employés, techniciens et agents de maîtrise — occupent des fonctions administratives, techniques ou d’encadrement intermédiaire. Dans la grille présentée, les catégories vont de A à H ; la progression traduit une complexité croissante des missions, une autonomie plus forte ou des responsabilités d’organisation.
Les montants ci-dessous sont des minima bruts mensuels indiqués pour 35 heures. La classification des emplois du bâtiment varie selon la convention collective concernée ; pour l’étam des travaux publics, il faut consulter les textes propres aux travaux publics plutôt que transposer automatiquement ces montants.
| Catégorie ETAM | Minimum brut mensuel indiqué | Repère général de fonctions |
|---|---|---|
| A | 1 925,00 € | Emploi d’exécution encadré |
| B | 2 050,40 € | Activités administratives ou opérationnelles courantes |
| C | 2 230,80 € | Technicité ou initiative dans un cadre défini |
| D | 2 460,10 € | Fonction technique avec autonomie accrue |
| E | 2 825,50 € | Expertise ou coordination de missions |
| F | 3 150,00 € | Encadrement ou technicité confirmée |
| G | 3 480,75 € | Responsabilités étendues et projets complexes |
| H | 3 790,20 € | Autonomie élevée et pilotage d’activité |
Un conducteur de travaux, par exemple, ne relève pas automatiquement d’une catégorie donnée du seul fait de son intitulé. La taille des opérations suivies, son pouvoir de décision et ses responsabilités d’encadrement sont des éléments à rapprocher des critères conventionnels.
Grille des cadres du BTP : coefficient, heures et forfait jours
Pour les cadres, les repères transmis distinguent une rémunération mensuelle sur une base de 169 heures et une rémunération annuelle en forfait jours. Ces deux modalités ne sont pas interchangeables : le forfait jours suppose notamment une convention individuelle valable et un suivi de la charge de travail, conformément aux règles applicables.
La colonne annuelle ci-dessous correspond aux montants fournis. Elle ne permet pas, à elle seule, de vérifier le nombre de jours prévu par l’accord applicable ni les autres garanties liées au forfait.
| Coefficient | Minimum brut mensuel indiqué (base 169 h) | Minimum brut annuel indiqué (forfait jours) |
|---|---|---|
| 60 | 3 250 € | 39 000 € |
| 65 | 3 510 € | 42 120 € |
| 70 | 3 770 € | 45 240 € |
| 75 | 4 030 € | 48 360 € |
| 80 | 4 290 € | 51 480 € |
| 85 | 4 550 € | 54 600 € |
| 90 | 4 810 € | 57 720 € |
| 100 | 5 330 € | 63 960 € |
| 120 | 6 390 € | 76 680 € |
Un ingénieur d’études débutant et un directeur de travaux n’ont pas les mêmes responsabilités, même si tous deux relèvent du statut cadre. Le coefficient doit être rapproché des critères conventionnels du poste, tandis que le contrat précise la modalité de décompte du temps de travail.
Évolution des coefficients BTP et accords salariaux 2026
L’évolution des coefficients BTP accompagne les négociations de branche et les accords territoriaux. Une hausse moyenne de 3,2 % est parfois avancée pour les minima 2025-2026, mais elle ne peut pas être considérée comme une revalorisation uniforme sans comparaison des accords concernés et de leurs dates d’application.
Dans la pratique, les minima peuvent différer selon la convention collective, le territoire et la catégorie. Les entreprises ne peuvent pas choisir librement un barème moins favorable : elles doivent appliquer les dispositions qui couvrent leur activité et respecter le minimum légal, ainsi que toute règle conventionnelle plus favorable.
- Identifier la branche : bâtiment et travaux publics ne relèvent pas toujours des mêmes textes.
- Vérifier le territoire : certains minima sont négociés au niveau régional ou local.
- Contrôler la date d’effet : un accord signé n’est pas nécessairement applicable immédiatement à toutes les entreprises.
- Comparer au SMIC : le salaire versé ne peut être inférieur au minimum légal applicable.
- Examiner les fonctions réelles : autonomie, technicité et encadrement éclairent le classement.
Pour retrouver les textes à jour, il est utile de consulter les accords étendus et la convention collective correspondant précisément à l’activité de l’employeur. Rechercher les conventions et accords collectifs sur Légifrance.
Salaire minimum conventionnel BTP : comment vérifier son classement ?
Le salaire minimum conventionnel BTP constitue un plancher, non un plafond. Pour savoir si la rémunération est conforme, il faut rapprocher le salaire brut de base du minimum associé à la classification, sans confondre ce montant avec les indemnités de déplacement ou les remboursements de frais.
Le coefficient figure généralement sur le bulletin de paie ou le contrat. Si la mention est absente ou si les missions ont évolué, une demande écrite à l’employeur ou au service RH permet d’obtenir une explication et les critères retenus.
- Repérer la convention collective mentionnée sur le bulletin de paie et vérifier qu’elle correspond à l’activité de l’entreprise.
- Noter la catégorie, le niveau et le coefficient indiqués sur le contrat ou la fiche de paie.
- Comparer les tâches quotidiennes aux critères de classification : autonomie, technicité, responsabilités et encadrement.
- Consulter l’accord salarial applicable à la région et à la date concernée.
- Comparer le minimum obtenu au SMIC et retenir le plancher le plus favorable au salarié.
Les indemnités de repas, de trajet et de transport peuvent compléter la rémunération selon les situations et les accords applicables. Elles ne remplacent pas le salaire minimum dû pour le travail accompli.
Primes, expérience et compétences : ce qui complète la grille BTP
Deux salariés classés au même niveau peuvent percevoir des rémunérations différentes, car la grille fixe un plancher conventionnel. L’expérience, les responsabilités supplémentaires, la rareté d’une compétence et la politique de l’entreprise peuvent peser dans la négociation individuelle.
Les habilitations électriques, les CACES, la maîtrise du BIM ou une expertise en restauration du bâti ancien peuvent renforcer un profil. Sur un chantier de rénovation, par exemple, la capacité à intervenir sur une structure fragile tout en coordonnant plusieurs corps de métier peut justifier une discussion sur le salaire au-delà du minimum.
Les primes et indemnités dépendent des accords et des conditions de travail : panier repas, déplacements, prime de chantier, intéressement ou treizième mois ne sont pas systématiques. Il est donc utile de distinguer clairement le salaire de base, les compléments récurrents et les remboursements de frais.
Questions fréquentes sur la grille des salaires BTP 2025-2026
Les montants de la grille BTP sont-ils bruts ou nets ?
Les montants des tableaux sont exprimés en brut. Le salaire net dépend des cotisations et de la situation du salarié ; une estimation forfaitaire ne remplace pas le calcul figurant sur le bulletin de paie.
Les mêmes minima s’appliquent-ils partout en France ?
Pas nécessairement. Les barèmes peuvent dépendre de la convention collective, de la branche et d’accords régionaux. Il faut vérifier le texte applicable à l’entreprise et à la période concernée.
Où trouver son coefficient salarial BTP ?
Le coefficient ou la classification apparaît généralement sur le bulletin de paie et parfois dans le contrat de travail. En cas d’absence ou de doute, le salarié peut en demander la justification à son employeur ou au service RH.
Un employeur peut-il payer sous le minimum conventionnel ?
Non, le salaire doit respecter le minimum légal et le minimum conventionnel applicable. Le plancher le plus favorable au salarié doit être pris en compte, sous réserve des règles précises prévues par les textes.
Les barèmes fournis sont-ils automatiquement applicables depuis le 1er mars 2026 ?
Cette date est celle annoncée pour les montants présentés, mais leur application doit être vérifiée dans l’accord publié et étendu correspondant à l’activité et au territoire de l’entreprise.




